Partenariats public-privé en Afrique : les déboires d’une filiale de Véolia au Gabon

Auteur 9 février 2012 0
Partenariats public-privé en Afrique : les déboires d’une filiale de Véolia au Gabon

Depuis quelques années les déboires de la SEEG, filiale de Véolia au Gabon sont devenus le symbole d’un nouvel échec de partenariat public-privé en Afrique.

Désaccord entre Veolia et l’Etat Gabonais sur la gestion de la SEEG

En effet, en 1997, l’Etat gabonais confie la gestion de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) au groupe français Véolia qui en devient actionnaire à 51%. Le contrat se présente alors sous la forme d’une concession d’une durée de vingt ans. Dans ce type de contrat le fournisseur privé est responsable du financement et de la construction de nouvelles installations. Or les Gabonais reprochent précisément à la SEEG de se cantonner à la maintenance, et au mieux à l’augmentation de la capacité des centrales thermiques existantes et de ne pas assez investir, notamment dans la production et la distribution d’eau potable. L’Etat reconnait cependant que les investissements à réaliser n’ont pas été précisés au contrat dès le départ. De ce fait le groupe Véolia se défend de ne pas avoir respecté ses engagements.

Réactualisation du contrat

Suite aux incessantes coupures d’eau, le gouvernement gabonais est lui aussi vivement critiqué. Il décide donc en décembre 2009 de réviser le fameux contrat. Pour ce faire il confie au cabinet Deloitte au Gabon la réalisation d’un audit. Celui-ci, remis en février 2011, aboutit à une promesse de réactualisation du contrat sans qu’il y ait pour autant rupture de celui-ci. A partir de là l’Etat gabonais décide de reprendre la main sur les infrastructures de base. Il devient pour ce faire actionnaire majoritaire de la Société d’électricité, de téléphone et d’eau du Gabon (Seteg), crée une agence de régulation des secteurs de l’eau et de l’électricité ainsi qu’un fond de financement des infrastructures et enfin une société de patrimoine (ayant pour but la gestion des biens affectés au service public de l’eau et de l’électricité). Il entend de cette manière pouvoir exercer un meilleur contrôle de ses intérêts sur la SEEG et plus largement sur toutes les entreprises privées susceptibles d’intervenir sur ses réseaux.

Les enseignements des partenariats public-privé en Afrique

Le succès d’un partenariat public-privé en Afrique réside donc avant tout dans la bonne négociation du contrat, et ce dès le départ. Cela passe entre autre par une bonne formation du personnel administratif de l’Etat chargé de la négociation. Car cela implique de réaliser en commun un état des lieux précis et objectif de l’état des infrastructures afin de définir un plan de gestion et d’investissements qui satisfasse les intérêts communs.

Contrairement aux télécommunications (téléphonie mobile) et aux réseaux de transports routiers qui sont des réseaux apparents ou bien à créer de toutes parts, la distribution d’électricité et plus encore les réseaux de distribution d’eau sont des infrastructures délicates à gérer. Ils drainent pour le moment peu d’investissements de capitaux privés en Afrique.

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